De l’art de se lancer (dans l’aventure du blog)

Cela faisait quelques temps que l’idée murissait bien sagement dans un coin de ma tête. L’envie d’avoir une tribune où pouvoir exprimer ma créativité, parler de tous les sujets que je ne peux pas développer dans mes articles et pallier une frustration de plus en plus grande de ne pas m’épanouir pleinement dans le métier que j’ai toujours voulu faire, le journalisme. Parce qu’après tout, il s’agit de l’amour des mots et de découvrir de nouveaux univers qu’on aime partager, l’idée d’un blog paraissait de plus en plus appropriée.

Mais les doutes subsistaient : Vais-je trouver quelque chose à raconter toutes les semaines moi qui me lassais de chaque nouveau journal intime au bout d’un mois quand j’étais ado ? / Et si personne n’était intéressé ? / Suis-je prête à avoir un feed-back aussi immédiat alors que j’ai un peu perdu le concept du contact de mes lecteurs avec mon statut de pigiste complètement isolée devant son écran ? / Moi qui relie compulsivement chacun de mes articles, mails, SMS et statut facebook pour être bien sûre que non, il n’y a pas de fautes d’orthographe, que non je ne vais vexer personne et que non je n’ai pas dit de boulettes suis-je prête à assumer le fait de voir mes écrits potentiellement visibles (et jugés) par tous ? Des doutes, plein de doutes donc…

Et puis le mois dernier, après un an de fréquentation hebdomadaire, j’ai dit à ma psychologue : c’est fini entre nous (pour le moment) ! Il faut dire qu’elle m’avait tendu une perche en concluant après un petit bilan post-vacances « ah, mais alors vous n’avez plus besoin de moi ! » « Et bien, justement… » ai-je répondu, moi qui commençait à me dire depuis plusieurs semaines qu’en ce qui concernait les raisons pour lesquels j’étais allée la voir un an plus tôt, il me semblait avoir fait le tour et avoir les armes nécessaires pour continuer à avancer toute seule.. « Ah, mais je suis contente quand un de mes patients m’annonce de manière décidée qu’il veut qu’on arrête de se voir » m’a-t-elle répondu. Moi, en blaguant « A moins bien sûr que vous n’estimiez que je sois au fond du trou et que ce ne soit pas raisonnable » Elle, se renfrognant « Ah, le fait même de demander n’est pas bon signe… » Moi, jouant la fille détachée « Ah ah ah, non non je suis sûre » et de développer mes arguments de mon air le plus convaincu. Au bout de 10 minutes, j’ai donc payé une séance d’une heure complète mais je me suis sentie soulagée, libérée d’une contrainte hebdomadaire qui commençait à me peser.

Chouette, j’allais avoir une heure par semaine de plus de libre ! Sauf qu’au début je n’en ai pas fait grand-chose, il était donc temps de combler de manière productive un emploi du temps qui me paraissait de plus en plus léger et me laissait une impression pas très positive à la fin de la journée lorsque le point culminant de mon activité avait été de rédiger une news sur Justin Bieber et de faire une purée au Thermomix (oui, c’est très bon mais ça ne nourrit pas l’âme) Il fallait donc combler ce vide. Et puis ma chère psychologue avait passé des mois à m’enrober d’une bienveillance irritante en ne cessant de me pousser à remplir plus mon univers, suggérant même que je n’utilisais mes « capacités » qu’à 50%. Selon moi, elle n’était pas très forte en calcul ou alors dotée d’un optimisme forcené inhérent à sa profession…

Mais bon, mine de rien tout cela me travaillait. Et il faut dire qu’au final il y avait plus de pour que de contre : Parce qu’il vaut mieux vivre avec des remords qu’avec des regrets (dixit ce grand sage, Patrick Bruel), parce que quand on aime écrire il paraît que rédiger même quand on n’a rien de passionnant est un exercice de base (en espérant que ce ne sera pas trop douloureux pour vous lecteurs), parce que je compte sur certains amis fidèles pour me faire croire qu’au moins une poignée de personnes s’intéressent à mon blog (A.K, D.M, A.C and co vous avez la pression là, hein ?!) parce que jusqu’à preuve du contraire on n’a qu’une vie et puis parce que pouvoir enfin écrire sur tous les thèmes qui m’intéressent avec le ton que je veux, sans subir la censure ou le désintérêt des rédac chefs, bref en me créant mon mag idéal c’est un peu le pied pour une journaliste !  Alors je me suis lancée.

10 réponses pour “De l’art de se lancer (dans l’aventure du blog)

  1. genial mag quelle bonne idee!!!!! je savoure tes articles morte de rire sans reussir a traduire les subtilites a mes amis … je m inscris direct dans le groupe des fideles si tu m acceptes….. EP

    • Merci Manu et bienvenue au club !! Tu seras mon quota de lectrices espagnoles, c’est génial je deviens mondiale grâce à toi 🙂

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